Ayant la chance d’une vie zen et tranquille, ou la malchance, car pas de services, pas de centres commerciaux, et pas de publicités, de résider dans une petite île Atlantique au climat sahélien, j’assiste depuis quelque temps déjà aux arrivées hebdomadaires de quelques milliers de touristes curieux de voir et comprendre, ce que sont les îles macaronésiennes, sources de saudade et de vie au soleil.
Si la venue de nombreux voyageurs est un bienfait économique pour notre développement, le comportement de quelques-uns d’entre eux munit, tiens tiens ! Voilà qui est étrange, d’appareils photo, porte certainement à réflexion.
Pensez donc ! Quelques habitants ont posé tout récemment devant leurs maisons des affichettes interdisant l’entrée de leurs maisons…aux photographes.
Curieux de nature, j’ai suivi un groupe de visiteurs bardés pour la plupart d’appareils photo ou de caméras vidéo. Après quelques instants, je me suis posé cette question : Depuis quand pour quelques personnes ? posséder un Apn, caméra ou autres, donne-t-il le droit d’envahir la privacy des autres ?
Excepté quelques-uns, la plupart d’eux ont photographié tout et n’importe quoi, sont rentrés sans autorisation dans les maisons, les cours internes, les cuisines, en photographiant les gens en gros plans.
Tout le long de l’excursion d’une durée de trois heures, leurs objectifs ont braqués les habitants, les anciennes maisons et leurs intérieurs, les deux cimetières, les églises, le bidonville et leurs enfants possiblement pauvrement vêtus, le marché aux légumes, celui du poisson provoquant les ires des vendeuses, y compris les écoles primaires en photographiant les enfants au travers des fenêtres toujours entre ouvertes, sans réussir toutefois et heureusement à pénétrer dans le lycée.
Quelquefois même -m’a dit successivement une enseignante- « ils jettent des bonbons dans les classes », sûrement ma t’elle dit « pour se donner bonne conscience ». À la fin, du parcours touristique, j’ai rejoint ce groupe pour poser à leur guide quelques questions sur les étranges comportements de ses clients.
Comme suite au débat animé qui s’en ait suivis, la réponse unanime de la part des bien aimés visiteurs a été : « avoir payé pour faire leurs excursions ». Ils peuvent donc photographier à leur aise tout ce qui leur plait.Un attroupement sans animosité s’est immédiatement formé, quelques mamans ont alors expliqué à nos photos reporters en herbe, qu’il eut été sage de demander courtoisement l’autorisation aux familles pour photographier leurs enfants, l’intérieur de leurs maisons, de leurs jardins et de demander au responsable de l’école la permission d’y pénétrer.
Ainsi faisant, les habitants se seraient fait un plaisir de les inviter à prendre un petit verre de grog, de raconter assis sur un banc, leurs nombreuses histoires, de parler de leurs nombreux migrants, et puis pourquoi pas de tisser des rapports amicaux. En retour, ils auraient simplement demandé à visionner quelqu’une des images.
Posons-nous donc la question lors de nos visites touristiques, un appareil-photo à la main si nous pourrions faire la même chose chez nous. Alors pourquoi le faire chez les autres. Et puis non ! Avoir un Apn, caméra ou autres accessoires photos en mains, ne nous donne certainement pas le droit d’envahir la privacy des autres, de quelques origines qu’ils soient.
Bonnes vacances à tous.
© Pixelistes









5 mars 2013 à 12 h 35 min
Faut-il vraiment s’étonner ? La politesse n’est plus à l’ordre du jour, plutôt l’égoisme et le voyeurisme.
Nous sommes aujourd’hui dans une société de consommation d’images, ou la qualité ne prime pas, mais avant tout la quantité.
De plus la publicité martèle que maintenant l’appareil fait tout, et que tout le monde qui a un appareil est un » Artiste Photographe », tout juste s’il faut encore, mais pour combien de temps, appuyer sur le bouton, fatigue qui espéront le, nous sera épargné à l’avenir !
Les temps de la préhistoire ou photographe disait du poids, du travail, des connaissances techniques et artistiques, et de la sueur sont révolus, vive l’iphone et autre compact, qui, référons nous encore à la pub, font quasiment aussi bien qu’un moyen format, et encore dans l’esprit de certains mieux…
Enfin la raison suprême, je paie donc j’ai tous les droits… heureusement qu’il y a eu la révolution et que le temps des seigneurs est révolu, tous égaux et vive le siècle de la communication… et de la fraternité, j’allais oublié !