Que le mariage de la lumière et des ténèbres soit … et l’image naîtra !
Introduction
Les photographies, ces petits bouts de papier glacé retraçant vos vies … Qui ne s’est pas émerveillé en feuilletant l’album de famille, bouffée de souvenirs remontant du plus profond de votre mémoire. Photo des années 30, du mariage de Papy et Mamy. Lui en costume trois pièces apprêté, elle en robe blanche avec une longue traîne de mousseline recouvrant gracieusement les marches du podium sur lequel ils étaient juchés pour immortaliser l’instant. Le photographe se prépare sous sa toile noire, derrière sa « boîte à image » en lançant le traditionnel : « Souriez, on ne bouge plus… » Flop ! L’éclair jaillit, l’obturateur s’ouvre, la lumière pénètre dans la chambre noire … et voilà un instant de vie comme figé à jamais.
Mais pour en arriver à ce résultat, l’histoire de la photographie s’est construite sur plusieurs décennies, jalonnée par des inventions parallèles qui un jour se sont rencontrées.
Pour comprendre comment la photo de votre petit dernier ou de vos dernières vacances, que vous avez entre les mains, a pu voir le jour ; je vous propose un retour en arrière. Je vous invite à une balade à travers le temps, pour vous faire partager cette formidable aventure qu’est l’histoire de la photographie et l’histoire de notre hôte, NIKON, jusqu’à nos jours avec l’avènement du numérique.
Je vous présenterai régulièrement un chapitre couvrant une période de cette aventure, car pour mieux comprendre comment l’image photographique est née, il faut remonter aux origines.
Chapitre 1 – D’Aristote à Lavater
Photographie : n.f. Art de fixer durablement l’image des objets par utilisation de l’action de la lumière sur une surface sensible.
Le procédé photographique repose sur deux principes : la formation de l’image dans la chambre noire, la sensibilité à la lumière des composants halogénés de l’argent ou de polymères photosensibles.
Depuis les temps les plus anciens, on connaît l’action de la lumière et du soleil sur des substances minérales ou organiques (mûrissement des fruits, coloration de la peau…). Depuis le Moyen Age, on sait que les sels d’argent, et notamment la lune cornée (ou chlorure d’argent), noircissent en les exposant à la lumière. Ce n’est qu’au XVIII ème siècle qu’on démontra que ce noircissement était dû à la décomposition du chlorure d’argent et à l’apparition d’argent métallique noir. La photographie moderne utilise surtout la sensibilité du bromure d’argent.
![]()
Aristote (384-322 av. J.-C.), 4 siècles avant J.-C.(!!!) avait noté en observant l’image écornée du soleil durant une éclipse, le phénomène de la propagation rectiligne de la lumière. Il a décrit précisément cette pièce obscure qui permet de reproduire l’image de l’extérieur, filtrée par un petit trou, en dessinant les contours qui sont projetés sur le mur du fond.
Filippo Brunelleschi (1377-1446), sculpteur et architecte florentin, fait également en 1430 cette expérience étonnante : le principe de la formation de l’image dans une chambre noire.
« Lorsqu’on perce un trou très petit dans une paroi d’une pièce obscure, on constate que sur la paroi opposée se forme, mais inversée et renversée, l’image des objets éclairés situés à l’extérieur ».
![]()
![]()
Inventeur de génie, peintre reconnu, architecte, sculpteur, homme mystérieux et insolite, Léonard De Vinci (1452-1519) reprend cette découverte et décrit lui aussi la chambre noire ou « camera obscura » dans ses célèbres manuscrits, instrument dans lequel il voyait la possibilité de calquer sur la nature l’exacte perspective des objets complexes. Mais le matériau percé doit être très très mince et le trou très très petit pour que l’image soit nette et se forme à une distance acceptable. Par exemple avec un trou de 0,28 mm de diamètre, l’image sera nette à une distance de 10 cm, pour un trou de 1 mm, elle le sera à 1,25 mètre, au-delà l’image n’est plus nette. Ce petit trou sera appelé plus tard sténopé.
![]()
En 1550, c’est le mathématicien, médecin et astrologue italien Gerolamo Cardano Cardan (1501-1576), inventeur du cardan, qui remplace le sténopé par un disque de verre, une lentille convergente, qui avait la propriété de concentrer les rayons lumineux et donnait une image plus précise et plus lumineuse. Mais on ne sait pas comment conserver l’image obtenue.
C’est pour répondre à un besoin de reproduction réaliste du monde que des techniques de mise au point sont inventées et préparent à la naissance de la photographie.
La physiognomonie, créée au XVI ème siècle, est l’art de connaître le caractère des hommes d’après l’examen de leur physionomie. Il apparaissait donc nécessaire de pouvoir reproduire précisément les traits du visage. Giovanni Baptista Della Porta (1539-1602), architecte italien, perfectionne cette chambre noire.
C’est également au XVI ème siècle qu’on observa l’action de la lumière sur les sels d’argent. Cette découverte ne sera pourtant pas associé à celle de la « camera obscura« .
![]()
Le XVIII ème siècle voit des recherches menées pour élaborer mécaniquement des portraits. Le théoricien suisse Johann Kasper Lavater (1741-1801), dans son Essai sur la physiognomonie met alors au point un appareil à tracer des silhouettes. Il associa une source lumineuse et une surface d’inscription, à la manière des ombres chinoises. Ainsi, l’étude des caractères d’après la constitution faciale des individus (Fragments physiognomoniques. 1775-1778), était facilitée.
La « camera obscura » devient dès lors facilement transportable.
Humphry Davy (1778-1829), chimiste et physicien anglais, pionnier de l’électrolyse, avec Thomas Wedgwood, industriel anglais, publie en 1802 un mémoire sur « une méthode pour copier les tableaux sur verre et pour faire des profils par l’action de la lumière sur le nitrate d’argent ». Ces images obtenues par contact disparaissent malheureusement quand on les examine à la lumière trop vive. Wedgwood a tenté de sensibiliser ces surfaces dans une chambre noire. La lumière traversant la lentille étant insuffisante, il échoua.
Restait donc, après la « camera obscura » et la surface sensible, à découvrir comment « fixer » cette image argentique. C’est l’astronome anglais John Frederick William Herschel (1792-1871) qui, en décrivant les propriétés de l’hyposulfite de sodium en 1819, détenait la clé de ce trio. Il faudra attendre Niepce pour voir enfin la synthèse de ces trois inventions donner naissance à la photographie.
Dans le prochain chapitre :
1839 – L’année lumineuse de l’avènement « officiel » de la photographie ?
©Pixelistes – Dany









Pas de commentaire
Il n'y a aucun commentaire sur Histoire de la Photographie (Partie 1). Peut-être que vous voulez ajouter l'un des vôtres ?