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Pourquoi faire de la photographie

Ecrit par bombedj. Publié dans Histoire de la photographie, News

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un Pix 1900

Publié le avril 26, 2013 avec 3 Commentaires

Clic… claque, c’est dans la boîte, ou sur la carte mémoire. Facile vraiment facile. Mais en fait pourquoi faisons-nous des photos ?

De multiples réponses s’offrent à nous.

Souvenirs de familles, de vacances, de voyages, d’événements, en faire une profession, pour passer le temps, c’est tendance, enregistrer ou mémoriser des situations, témoigner, et tant d’autres raisons. Ou simplement parce que nous aimons.
Mais certainement nous cherchons par ce moyen en composant avec notre espace, à développer notre créativité et nous permettre de rêver.

En fait ces réponses classiques ne répondent pas vraiment à ma question.

Mais pourquoi alors, dans l’absolu faisons-nous des photos ?

L’autre jour en observant mon chien gambader dans la campagne, j’ai peut-être eu un élément de réponse. Il suivait des pistes, allait, venait, flairait des odeurs. Et puis tout d’un coup il a levé la patte.
Rien à voir avec ma demande direz-vous ; mais en y pensant bien, peut-être que si. Au-delà d’assouvir un besoin naturel, il laissa sa trace.
Mon chien comme tous les animaux y compris les homos sapiens, a une envie étrange et irrésistible ; celle de laisser des traces. L’Instinct des animaux dits-on.  Que nous les hommes nommons “Nature “ en opposition à “culture“.

Alors, si la photographie quelque part était une trace naturelle ou culturelle de notre passage que nous laisserions à nous-mêmes et aux autres, et surtout à nos descendants ?  Sinon, pourquoi éditerions-nous des albums photographiques de famille, de vacance, des vidéos de nos meilleurs ou pires moments ? La réponse semble simple, même si celle-ci ne nous plaît pas beaucoup. C’est pour les laisser à la disposition de nos descendants, qui pourront les consulter dans le futur. Tout simplement laisser des traces de notre passage.

Si dans le monde de la recherche, de l’industrie ou de l’information la photographie est un instrument de documentation, dans celui de notre évolution personnelle, il veut être surtout un support technique de notre époque pour documenter notre vie. Les sages antiques disaient que la philosophie est l’art de préparer sa mort, mieux encore si nous le faisons par l’intermédiaire de dessins, de statues, de signes, d’écrits ou d’objets.

Depuis le fond des temps, les hommes laissent des quantités d’empreintes et de vestiges de leurs passages. Traces volontaires et involontaires du déroulement de leur vie, de leurs environnements et de leurs croyances religieuses.
Déjà sur les parois des cavernes, nous trouvons les arts pariétaux du paléolithique, les peintures rupestres montrant des animaux, des signes, des outils, des bateaux ou encore des thérianthropes sur les parois de massifs rocheux. C’est à ces moments-là que se sont développés les sens des cultures opposées au naturel, ou l’instinct de l’humanité.
L’histoire de l’art, de la culture, se veut être le témoignage de la nature de nos ancêtres, c’est le propre de la vie de laisser des traces pour témoigner d’un passé et participer de cette manière à l’évolution des espèces et en particulier de la nôtre.

Puis bien plus tard, grâce aux acquis culturels de la préhistoire, des statues et peintures du monde antique,  puis comme une photographie de la vie, se sont développés successivement les arts premiers, les masques et les sculptures mortuaires.
Des siècles encore plus tard, déjà précurseurs inconscients de la photographie qui sera inventée peu après, les vedutisti vénitiens et « Canaletto“ en particulier rechercheront dans la peinture la reproduction parfaite d’un lieu. Et finalement à notre époque apparaissent les photographes et les graffitis du Street Art. Là encore quelque part une histoire de trace.

Les derniers siècles nous fournissent une quantité impressionnante de témoignages de notre passé récent, peinture, sculpture, littérature, musique, science. Surtout ceux des archéologues toujours à la recherche de nos traces antiques et préhistoriques.

Et voilà –enfin je crois- comment par l’intermédiaire de nos appareils-photos, nous laissons quelque part et de manière atavique, nos traces visuelles pour que nos successeurs, puissent consulter nos albums et archives photographiques. Descendants qui seront  curieux de voir qui nous étions, comment nous vivions, comment ceci et cela, et qui diront à leur tour : « C’était le grand-père de mon arrière-grand-père – Te souviens-tu de la fille de tante Jeanne ? Ils passaient leur temps à voyager – et là, le mariage du grand-papa de tonton Daniel ». Exactement comme nous faisons lorsque nous regardons de vieilles images ou peintures du passé.

Alors pourquoi faire de la photographie ? Mais simplement pour laisser dans l’espace temps des traces de notre passage.

Mais attention, car si pour un motif quelconque, internet et l’informatique venait à disparaître, faisons en sorte de laisser à nos chers descendant une trace culturelle et palpable de notre passage.
Dans le cas contraire, nos chiens continueront inexorablement à « lever la patte » en laissant…eux, une trace.

© Pixelistes – Bombedj

à-propos bombedj

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3 Commentaires

Il y a actuellement 3 Commentaires dans Pourquoi faire de la photographie. Peut-être que vous voulez ajouter l'un des vôtres?

  1. Bonjour,
    Cela voudrait-il dire, que à l’instar des chiens, nous autres photographes sommes des « cabotins » ?
    Je ne le pense pas, et d’ailleurs, la « trace » que laisse un chien a un but précis qui est de marquer son passage et son territoire, cette trace n’est pas péerenne dans le temps, elle s’efface comme les feuilles mortes.
    Je conviens qu’il en sera de même pour l’immense majorité des photos produites aujourd’hui où le numérique a rendu le passage à l’acte « photographique » inodore, pour ne pas dire sans saveur !
    Cela étant aucune nostalgie de la chambre noire et de ses odeurs.

    La deuxième raison de contester cette analyse est qu’elle semble dire que le photographe est tourné vers lui même et que son désir est de laisser une trace de sa personne.
    Je crois que bien au contraire le photographe, qui se respecte, est tourné vers l’autre, et qu’il fait de la photo pour COMMUNIQUER, des émotions, des informations pour un professionnel et également pour garder des souvenirs familliaux, qui par définition concerne la famille, ce qui est loin d’être universel.
    La photo peut être objet reconnu à l’échelon de la nation, ou même mondialemnt, mais pour cela il faut ajouter à la photographie des qualités artistiques indéniables et qui sortent de la prise de vue « ordinaire » de la masse des photographes ( dont je fais parti)

    Je concéderai que lorsque le chien marque son passage, son message n’a également pas vocation d’être universel, mais qu’il s’adresse exclusivement à la « gente » canine.

    En conclusion, je dirai que l’on photographie, en tant qu’amateur, ce que l’on trouve beau ou interessant pour le montrer aux autres.
    Et personnellement, pour moi, une photo réussie est une photo que l’on peut mettre au mur, et dont on ne se lasse pas au fil des ans.

    salut à tous

  2. Bonjour,
    Voilà un superbe commentaire que j’apprécie beaucoup. Vous l’avez bien compris, c’est effectivement au second degré qu’il faut en comprendre la lecture.
    Mais permettez-moi si vous me le consentez de maintenir qu’il s’agit comme je l’écris d’un avis personnel. Je reste convaincu qu’au-delà du plaisir que nous éprouvons au regard de nos clichés, qu’ils seront -enfin j’ose espérer- une trace pérenne de notre passage dans le temps.

    Merci de votre intervention.
    Bombedj.

  3. Bonjour,
    Bonne question! Pourquoi en effet prenons nous des photos? Vous y répondez d’une façon très générale qui s’applique aussi bien au marquage de territoire par un chien qu’aux empreintes humaines dans le temps. L’espace et le temps ne sont peut-être pas la même chose. Et cela semble un peu déshonorant pour un J.S. Bach ou un Rembrandt d’assimiler leurs productions à des petits pipis. En outre vous n’élaborez pas vraiment le pourquoi de la photographie plutôt que la musique, la peinture ou l’écriture.
    J’ai consigner il y a quelques temps mes réflexions sur le « pourquoi je photographie? » (Je pense qu’il faudrait encore élaborer plus avant le rapport au temps.) Les voici:
    Pourquoi prenons-nous des photos ?

    La photographie n’est-elle, comme le suggère Susan Sontag, qu’une relation au monde qui simule la connaissance ? Seule une narration peut nous donner à comprendre, dit-elle. Une photographie peut-elle raconter ? Comment pourrait-elle exprimer une durée, un déroulement ? Les photographies n’expliquent pas, elles admettent un fait ou en attestent. Les photographies suggèrent qu’il est vain de chercher à comprendre le monde et proposent, à la place, de le collectionner. Le photographe est intoxiqué à l’incongruité: le goût des photographes pour les scènes inattendues, surprenantes, surréalistes ne se dément jamais. En témoignait superbement la photo de Spencer Platt qui a reçu le World Press Photo Award 2006: quelle scène incongrue que cet équipage glamour en avant plan de ruines de guerre, quel moment rare, digne d’être collectionné.

    Pourquoi prenons-nous des photos ?

    Nous vivons sous une pluie ininterrompue d’images. « Sur notre mémoire, se déposent, en couches successives, des débris d’images pareil à un dépôt d’ordures et il est de plus en plus improbable qu’une figure émerge du lot. » (Italo Calvino) Pourquoi prenons nous (encore) des photos ?

    D’une façon ou d’une autre, nous trouvons, dans l’acte de photographier, une satisfaction, une intensité que ne contrarie pas la pléthore d’images dans le monde. Certains font des images documentaires, d’autres poursuivent une ambition artistique, d’autres encore cherchent seulement à préserver l’instant de l’oubli. Tous s’émeuvent finalement des fragments de temps et de lumière que leurs images ont révélés en les encadrant.

    « … les visages travaillés par le temps, certains crépuscules et certains lieux veulent nous dire quelque chose, ou nous l’on dit, et nous n’aurions pas dû le laisser perdre, ou sont sur le point de le dire; cette imminence d’une révélation, qui ne se produit pas, est peut-être le fait esthétique. » (J.L. Borges) Cette imminence du sens est peut-être ce qui nourrit l’urgence du déclenchement. C’est aussi quelque chose qu’on ne peut dire, qu’on ne peut que montrer.

    Photographier des choses, des paysages, des êtres vivants, des gens sont des expériences très différentes.

    Un ami m’expliquait que, pour lui, une bonne photo comprend nécessairement un élément de communication: elle doit capturer une relation. Dans une bonne image, quelqu’un s’adresse au photographe, au spectateur ou une conversation, un geste unit des personnages. Ses photos sont souvent des images volées dans la rue. A ses yeux, bien peu de mes photos doivent être bonnes. Le plus souvent, mes images traquent l’absence et la solitude.

    Un autre ami prend un soin minutieux de ses prises de vue, photographiant avec lenteur des paysages, des natures mortes qui ne vont pas s’enfuir. L’essentiel de la photo réside pour lui dans la prise de vue et il abandonne volontiers à d’autres le soin du tirage. Pour moi, si le paysage demeure, la sensation que j’en ai est si fugitive, si changeante qu’il me faut toujours la saisir dans l’urgence. Par contre, je consacre volontiers du temps à l’édition et au tirage.

    Un autre encore compose des scènes très construites où chaque élément occupe une place réfléchie, calculée. Dans sa recherche de l’image parfaite, il n’hésite pas à re-composer dans son laboratoire numérique. Il produit des assemblages à la fois très doux et surréalistes. Ne serait-ce le réalisme et la netteté des éléments qu’il assemble, sa photo serait de la peinture. Quant à moi, je ne crains ni le flou ni l’imperfection ; souvent même, ils me paraissent plus justes.

    Plutôt que les images construites, je recherche les images découvertes. Dans le débat intérieur à la photographie entre intention et attention, j’ai pris fait et cause pour l’attention, la disponibilité.

    Le fantasme ou l’illusion d’une attention pure délivrée de toute intentionnalité me hante comme il a hanté l’histoire de la photographie. La photo qui représente le mieux (de façon extrême) cette idée est celle qui résulte d’un déclenchement involontaire.

    « La photographie engage à cesser de vouloir décrire ce qui peut de soi-même s’inscrire. » écrivait Paul Valéry.

    Un appareil qui déclenche indépendamment de toute décision humaine représente à coup sûr au mieux la véracité photographique. Collectionnons les images de radars routiers !

    Comme les surréalistes, je goûte dans la photo le surgissement de l’involontaire au travers du discours. Les revendications d’intentionnalité créative me sont étrangères. Je me sens incapable de ce mélange d’enthousiasme et de candeur qui est nécessaire à la prétention artistique. Ma seule ambition est de témoigner de beautés qui ne me doivent rien si ce n’est de les avoir vues ou mieux, à mon insu, photographiées.

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