Pour débuter l'année 2010, voici un edito sur la gestion de nos phototèques.
Tout le monde est plus ou moins concerné par le sujet, je vous propose donc de vous faire partager ma reflexion personnelle sur le sujet.
Ce thème est vaste, les questions sont nombreuses, et j’espère que cet edito aura au moins l’intérêt de vous interpeller sur la nécessité de soigner au mieux le classement et l’archivage de vos photos.
1 ère étape : Numériser ses photos
Aujourd’hui la plupart des photographes sont équipés en numérique. La question de la numérisation ne se pose donc pas, l’image avec un appareil photo numérique est forcement numérisée.
La question se pose en revanche pour les anciens clichés argentiques. Il est bien plus souhaitable de numériser ses négatifs (ou positif) que de les conserver tels quels. Bien sûr il ne faut pas pour autant jeter les tirages une fois numérisés, mais la numérisation à pour avantage de faire une copie stable dans le temps, sans détérioration possible.
La méthode la plus simple pour numériser est bien sûr d’utiliser un scanner. La qualité (et le temps) de la numérisation peut varier de manière considérable d’un modèle à un autre. Si vous avez beaucoup d’images à numériser, vous pouvez faire appel à un professionnel. Hormis la petite (parfois) grosse contribution financière, vous n’avez rien à faire.
Vous ne ferez très probablement pas 2 fois ce travail de numérisation de vos clichés, donc autant le faire bien dès le début. Ce sont ces fichiers numérisés que vous allez ensuite utiliser, voir léguer à vos proches, il faut donc que la qualité soit irréprochable.
Comme « qui peut le plus, peut le moins », je conseillerais d’enregistrer vos fichiers dans un format non destructif (TIFF), avec la résolution maximum de votre scanner, et une gamme de couleurs la plus étendue possible (16 bits TIFF et espace de couleurs Adobe 1998). Cela vous garantit les meilleures conditions possibles pour travailler ultérieurement vos fichiers.
2eme étape : Classer ses photos
Maintenant que vous avez vos photos sous forme de fichiers, il va falloir les classer. Avec le numérique, le nombre de clichés que nous prenons a explosé. Cela ne coûte plus rien de multiplier le nombre de photos, du coup nous nous retrouvons facilement avec plusieurs milliers d’images par an.
Et si vous ne faites pas preuve d’un minimum de rigueur, vous allez très vite être complètement submergé par vos photos.
D’autant plus qu’avec le format RAW (en en reparlera plus loin), vous pouvez avoir plusieurs fichiers pour la même photo (un fichier RAW + un (ou des) fichiers JPG).
Je garde une copie RAW de chaque image, cette image RAW comprend les différentes modifications ou versions que j’ai réalisées de ma photo (avec toujours un retour en arrière possible puisque je suis en RAW). Ensuite j’enregistre une (ou plusieurs) version(s) de ma photo au format JPG.
Chacun a sa propre méthode de classement, mais beaucoup de personnes (y compris moi), classent leurs photos avec un répertoire par an.
Dans chaque répertoire (2007, 2008, 2009…), je crée ensuite un sous répertoire, voire encore un niveau supplémentaire de sous répertoire (ex \2009\anniversaire\30 ans vincent).
Ce classement par répertoire ne suffit pas, certes il permet de retrouver à peu près facilement une photo si l'on se souvient de la date, mais il existe maintenant des outils plus complets pour classer ses photos.
Il existe une norme avec les photos numériques, la norme « IPTC » qui permet (comme les données EXIF) d’enregistrer dans le fichier de la photo des données supplémentaires (métadonnées). Afin d’être sûr que les informations que vous allez renseigner dans vos photos pour vous aider à les retrouver soient lisible dans plusieurs logiciels (et dans plusieurs années), il est extrêmement important d’utiliser une norme reconnue, plutôt que des outils propriétaires qui sont spécifiques à un seul logiciel (comme Adobe Photoshop Album qui proposait il y a quelques années de classer ses photos sans pourtant pouvoir récupérer les informations depuis un autre logiciel).
Ces fameuses métadonnées (IPTC et EXIF), vont vous permettre de classer beaucoup plus précisément vos photos. Vous allez ainsi pouvoir ajouter des mots clés à chaque photo, ajouter l’emplacement géographique ou la photo à été prise, ajouter des droits d’auteurs… Toutes ces données peuvent ensuite être réutilisées pour retrouver rapidement une photo (ex : pour retrouver toute les photos qui ont été prises dans tel département avec tel mot clé).
Bien sûr cela nécessite un minimum de temps à passer pour qualifier vos photos, mais c’est ensuite un gain de temps énorme pour rechercher un cliché.
Des outils comme Nikon Transfert, Nikon Capture, ou Adobe Lightroom permettent relativement simplement d’affecter des métadonnées à des séries entières de photos.
Lightroom fait partie de ces logiciels « catalogueurs » qui permettent très simplement d’appliquer, de visualiser et de rechercher des photos selon de nombreux critères (à la fois des images JPG mais aussi des RAW). Pour ceux qui utilisent des RAW Nikon, le logiciel Nikon View fait également office de catalogueur (mais il faut l’avouer avec des fonctionnalités inferieures à Lightroom).
Petite précision pour Lightroom justement, par défaut celui-ci enregistre les métadonnées dans un fichier supplémentaire à part de la photo. Afin de les enregistrer à l’intérieur de vos photos (pour le format JPEG), vous devez cocher la case « Enregistrer automatiquement les modification en XMP » dans le menu paramétrage du catalogue. Le fait d’enregistrer les métadonnées à l’intérieur du fichier permet à d’autres logiciels de pouvoir relire ses informations.
3 ème étape : Sauvegarder ses photos
Maintenant que vos photos sont numérisées et classées, il faut penser à les sauvegarder (en fait la sauvegarde devrait venir dès le début pour éviter toute perte de photos !).
Il y a de nombreux outils de sauvegarde qui existent sur le marché, mon but n’est pas de les lister, mais de vous donnez quelques conseils indispensables.
Vous devez impérativement sauvegarder toutes vos photos sur au moins 2 supports différents. Et ne faites pas comme certaines connaissances qui enregistrent une copie de leur image sur la deuxième partition de leur disque… Si c’est le même disque physique cela ne sert à rien puisque si le disque tombe en panne ce sont les 2 partitions qui risquent d’être HS.
L’idéal et de sauvegarder sur un deuxième disque externe, et de conserver ce deuxième disque dans un lieu différent (pour éviter un risque de vol ou d’incendie qui pourrait intervenir en même temps sur les 2 disques).
Il faut évidement sauvegarder très régulièrement vos photos. Si vous ne le faites qu’une fois par an cela ne sert à rien !
Une solution complémentaire de sauvegarde peut être envisagée en utilisant plusieurs disques en RAID dans votre ordinateur. Le RAID permet de dupliquer automatiquement les données d’un disque sur un autre. Cela peut être utile si 1 des disques tombe en panne. Mais attention, si vous avez un court-circuit qui remonte de votre carte mère vers tous les disques, vous pouvez vous retrouver avec tous les disques HS en même temps.
Mes photos dans 20 ans…
Comment être sûr que nous pourrons toujours consulter nos images dans 20, 30, 40… ans ?
Cette question qui parait anodine implique de se pencher sur 2 aspects : le support matériel qui héberge nos photos, et le format logiciel qui les rend lisibles.
Si je prends l’exemple d’un polaroid, pas de problèmes, le support physique (le papier) comprend l’image du cliché.
Avec la photo numérique les 2 éléments sont bien séparés, d’un coté nous avons le support matériel (un disque dur, un DVD, une carte mémoire…) de l’autre nous avons le fichier (un JPG, TIFF, RAW…).
Si nous regardons un peu en arrière, nous nous rendons compte que les supports physiques changent beaucoup plus vite que les formats de fichiers.
Il y a quelques années nous étions à la disquette 5 pouces ¼, puis 3 pouces ½, puis les CD ROM, puis les DVD ROM, puis les Blue Ray… Qui est capable de lire un fichier d’une disquette 5 pouces ¼ aujourd’hui ?
Même les disques durs évoluent, les disques « PATA » sont remplacé par des « SATA », et il devient de plus en plus rare de trouver des cartes mères capable de lire des disques PATA.
Il est donc important de renouveler périodiquement ses supports pour continuer à garantir la pérennité des données sur le long terme.
Dans tous les cas il sera toujours possible de récupérer d’anciens supports (comme ce que proposent aujourd’hui des sociétés qui transfèrent vos Super 8 sur DVD), mais il préférable de ne pas attendre le dernier moment pour migrer d’un type de support à un autre.
Concernant le format des fichiers (JPG, RAW, TIFF…), il faut différencier les fichiers de formats « ouverts » (comme les JPG ou les TIFF) qui ne posent pas vraiment de risques sur le long terme, des fichiers propriétaires « RAW » comme le format « NEF » de Nikon.
Avec un JPG, même si le format est un jour remplacé, il y aura toujours la possibilité de trouver un logiciel pour passer d’un format à un autre. La spécification étant accessible à tout le monde, en théorie n’importe quel informaticien pourrait développer un logiciel pour transformer une photo d’un format à un autre.
Le problème avec les RAW propriétaires, c’est que la communauté informatique n’a pas accès aux caractéristiques de ces formats. Et nous avons donc le risque de nous retrouver un jour avec une société qui arrête son activité ou ne souhaite plus maintenir le format. On pourrait croire qu’avec Nikon ou Canon il n’y a pas de risques, mais pourtant nous avons l’exemple de Minolta qui peut nous faire réfléchir.
Adobe tente d’imposer son format RAW ouvert « DNG », mais ce n’est pas franchement un succès pour le moment.
Et malgré les pétitions pour demander l’ouverture des formats RAW, les formats propriétaires comme le NEF de Nikon ont visiblement encore de beaux jours devant eux.
Raison supplémentaire donc pour enregistrer vos fichiers à la fois en RAW mais aussi en JPG.
Conclusion
Comme indiqué en introduction, le sujet est vaste, et je ne prétends pas avoir fait le tour de la question. Mais j’espère au moins vous avoir donné quelques pistes. Et afin d’étoffer le sujet je vous propose de laisser vos commentaires sur le forum pour en débattre.
En attendant, toute l'équipe vous souhaite une bonne année (et de bonnes photos) pour 2010 !










