Quelques clichés à mi-chemin entre le photo-reportage et mon projet Portraits et scènes urbaines, la couverture en 50 clichés d'un évènement peu original mais toujours aussi émouvant.
Mise en situation :
Les Feux de la colère était une manifestation de "solidarité pour les révoltés incarcérés". Très peu de manifestants (une centaine tout au plus) pour une foule d'hommes en bleus (le double au moins).
Mais la disproportion entre manifestants et CRS n'était pas la plus marquante : c'était surtout l'énorme foule du public, avide de photographies d'exactions de CRS, d'images fortes etc.. Mieux encore, ce public se solidarisait complètement contre les CRS. En effet, c'est un quartier où on ne les aime pas beaucoup.
Alors de voir tous ces gens qui passaient par hasard et qui prenaient quelques dizaines de minutes de leur temps pour observer le monde, ça m'a fait quelque chose, et j'ai voulu le rendre. Car oui, je rends toujours ce que je vole comme le spécifie la mention qui accompagne mes photos pour éloigner les éventuels procès : "Reconnaissez-vous sur une des photographies et un tirage vous en sera offert."
Les évènements :
Suite à un feu de paille dans le métro, ce dernier a été obligé de fermer au bout d'une demi-heure car des gens commençaient à tomber dans le pommes malgré l'ouverture de la station Barbès sur le ciel.
Dix minutes plus tard, les jets de bouteille et pétards sur les hommes en bleu se sont soldés par une première charge des CRS, puis une deuxième, etc.. J'ai eu l'impression qu'ils étaient très mal organisés - ou que leur but était uniquement de faire du bruit, ce qui me semble assez incohérent - parce que c'était ridicule au possible : ils chargeaient à 20 ou 30 sur un groupe de quatre qui les avaient insultés, terrorisant au passage l'énorme public qui assistait à la scène mêlé aux manifestants.
Tout cela a révolté le public qui s'en donnait à cœur joie pour insulter les forces de l'ordre, leurs gamins sur les épaules ou le nez rouge au bec.
Ils ont fini par craquer (ils ne devaient pas se sentir chez eux, les pauvres...) et par arrêter quelques dizaines de personnes (dont un ami à moi, les maladroits !).
La photographie de reportage :
Bref, j'étais là. Et j'ai tout vu. Avec mon appareil photo, personne ne m'a causé d'ennui.
Comme c'est reposant tout de même, d'être supporté unanimement dans son activité artistique. On m'a même encouragé, et je ne me suis pas gêné pour m'approcher à portée de matraque des CRS qui avaient - bien entendu, et comme toujours - reçu des ordres formels de ne surtout pas commettre de gaffe sur un journaliste. Ils me regardaient méchamment, m'ont même insulté, mais ça ne faisait qu'ajouter au cliché !
C'est la première fois que mes photos de manifestation dérivent tellement vers le reportage et c'est pourquoi je poste dans cette rubrique. Je suis d'ordinaire une ligne directrice qui se veut prônant une tendresse sans limite dans les relations citadines, notamment à travers mon projet Portraits et scènes urbaines.
Trêve de parlotte, voici un extrait de mes photos d'hier, dont vous pouvez voir l'intégralité de la série sur mon site personnel à cette adresse : http://www.romanceor.net/pages/index.php?page=galerie#album=70
1 - Le Troupeau
2 - L'Attente
3 - Latente
4 - Inquiétudes
5 - Charge
6 - Surprise
7 - Pâtisserie du faubourg
8 - Fuite
9 - (sans titre)
10 - Vigilance propreté
11 - Humph
12 - (titre vulgaire)




