Pré-requis : l’introduction de cet exemple évoque le format RAW et son dématriçage. Les traitements expliqués par la suite peuvent parfaitement s’affranchir de cette étape.
SOMMAIRE :
Introduction : explication de l’origine du fichier à traiter
1. Déformation du calque à l’aide des outils de transformation
2. Recadrage
3. Densification de couleurs avec un calque de conversion noir et blanc
4. Réglage local du contraste des tons moyens via un masque de fusion
5. Saturation des couleurs
6. Accentuation locale de la netteté grâce au filtre passe-haut et à un masque de fusion
Présentation du résultat final
Le panoramique présenté ici est issu d’une fusion de 7 photos en cadrage vertical avec zone de recouvrement de 50%.
Les photos ont été prises en RAW, converties en JPEG avec LightRoom et combinées avec AutoPano Pro.
Il n’est pas forcément utile d’investir dans ces logiciels supplémentaires : vous pouvez faire la même chose avec Camera RAW pour la conversion et AutoStitch ou Windows ICE pour l’assemblage, ils sont gratuits.
Les balances des blancs automatique ou « lumière naturelle » donnent ce résultat, très proche de la réalité perçue par l’œil :
Pour une photo sans traitement, ce n’est pas si mal puisqu’on perçoit déjà les teintes chaudes du soleil matinal. Mais le bleu du ciel est décevant et on peut anticiper que même une saturation musclée ne lui donnera pas un aspect satisfaisant. Quant à la couleur de l’eau, ça se passe de commentaires…
L’intérêt de prendre ces photos en RAW est que l’on va pouvoir changer totalement l’ambiance de cette photo en définissant une balance des blancs radicalement opposée. Ici, c’est le réglage « fluorescent » qui a été choisi, pour sa générosité dans le rouge (photo en page suivante). L’ambiance est moins matinale mais les couleurs offrent plus de potentiel.
Ce qui saute aux yeux en premier lieu, ce sont les zones noires résultant de l’assemblage panoramique. Pour s’en débarrasser, il suffirait de recadrer la photo. Mais cela aurait 3 inconvénients :
- il ne resterait plus beaucoup de ciel et le paysage semblerait étriqué dans le cadre
- le panoramique est déjà très large, on préfèrerait garder les proportions actuelles
- la définition de l’image serait diminuée, limitant ainsi la taille d’impression future.
1. On va donc combler ces zones en déformant localement la photo !
• Sélection d’une partie du ciel avec l’outil « cadre de sélection » (barre d’outils latérale gauche)
• Copier/coller de la sélection. Un nouveau calque se crée.
• Sélection de l’outil « déplacement »
• Un cadre pointillé se dessine autour du nouveau calque. On clique gauche sur l’un des 8 petits carrés qui le délimitent.
• Clic droit sur le calque puis clic gauche sur « Déformation » dans le menu déroulant qui apparaît
• Un quadrillage muni de points est maintenant proposé. On déforme le calque en déplaçant ces points. On peut aussi agir sur les intersections des lignes pour une déformation plus précise.
La transformation se valide par la touche « Entrée » du clavier ou en cliquant sur la coche dans la barre de menu.
• Même procédé pour le bas de la photo. On en profite pour englober le bout de muret et le faire disparaître.
2. On pourrait appliquer d’autres méthodes de transformation du calque pour éliminer les bandes noires sur les côtés mais vu le peu d’importance que revêtent les informations qui s’y trouve, on peut simplement appliquer un recadrage :
3. Une fois les pixels bien à leurs places, on peut passer au traitement. On se rappelle que la première motivation était d’obtenir un ciel dense pour des couleurs éclatantes. On pourrait bien sûr appliquer un réglage de courbes au ciel. L’inconvénient est que le détourage est ici assez complexe. Les bâtiments à droite présentent de nombreux contours anguleux et le ciel passe à travers les arbres à gauche.
Voici une petite astuce pour économiser un temps précieux : on va utiliser un calque de conversion noir et blanc pour gérer la densité des couleurs. Surprenant au premier abord mais très logique finalement : on ne touche pas à la nature des couleurs en elles-mêmes, juste à leur aspect foncé ou clair. On modifie les tons, pas les teintes !
On crée donc le calque de réglage noir et blanc :
Depuis la version CS3, Photoshop propose un outil simplifié et puissant de conversion noir et blanc. Il est possible d’obtenir un résultat comparable avec les versions précédentes en utilisant un calque de réglage « mélangeur de couches ».
• Dans un premier temps, on va diminuer la luminosité des composantes du ciel que sont le bleu et le cyan. Le ciel se reflétant dans l’eau, celle-ci s’assombrit également, augmentant le contraste avec la berge et les bateaux. L’essentiel est fait mais on peut en profiter pour aller un peu plus loin selon ses goûts. On peut par exemple éclaircir les rouges pour que les bâtiments tranchent avec le ciel et les arbres. On modifie aussi les jaunes : on gagne du détail sur les feuilles des arbres.
• C’est maintenant que l’astuce prend forme : on passe le mode de fusion du calque de réglage en « luminosité ».
Le résultat est très satisfaisant : les couleurs sont densifiées et aucun effet de bord n’est visible, contrairement à un détourage approximatif.
Le contraste rouge/bleu fonctionne bien non seulement dans le ciel mais aussi dans l’eau où les reflets sont plus lisibles.
4. Pour finir avec le contraste, on applique une légère courbe (via un calque de réglage) pour donner un peu de pêche aux tons moyens. C’est surtout la berge qui paraît un peu grise.
Cette action a pour effet de contraster un peu plus le ciel, c’est bon à prendre.
Par contre, l’effet sur l’eau est moyen. On va préserver cette zone du traitement à l’aide d’un masque de fusion.
Un calque de réglage crée automatiquement son propre masque de fusion. C’est le petit rectangle sélectionné à droite du pictogramme de réglage.
Il est pour l’instant vide (blanc), ce qui veut dire que son opacité est totale. On va, à l’aide du pinceau :
dessiner sur la Seine. Au préalable, on vérifie bien que le masque de fusion est sélectionné et que la couleur de premier plan de l’outil est le noir.
On modifie les paramètres de l’outil pinceau en choisissant un diamètre assez large pour travailler vite et une dureté très faible pour créer des contours très diffus, assurant ainsi la discrétion de la retouche.
Une fois l’opération terminée, le masque de fusion ressemble à ça :
5. Pour que les bâtiments à droite de la photo tranchent avec le ciel et les arbres, on avait, avec le calque noir et blanc, augmenté la luminosité de la teinte rouge. Elle perd donc un peu de sa force. On peut très facilement corriger cela avec un réglage de « teinte/luminosité ».
Au passage, on booste aussi les jaunes qui vont apporter un peu de chaleur à l’ambiance.
6. Voilà le traitement qui s’achève. Il ne reste plus qu’à travailler la netteté de la photo. Plutôt que de passer par l’habituel filtre d’accentuation, on va rechercher plus de précision en passant par un filtre « passe-haut ».
Tout d’abord, on applique le traitement que l’on vient de réaliser sur le calque d’arrière-plan par la commande « Calque\Aplatir l’image ». Puis on duplique le calque résultant pour lui appliquer le filtre passe-haut.
De la même manière que l’on avait changé le mode de fusion de « normal » à « luminosité », on va passer ce nouveau calque au mode « incrustation ».
Ensuite, menu Filtre\Divers\Passe-haut.
On règle le rayon de façon à laisser ressortir les contours des éléments de la photo.
Cela doit rester subtil sous peine d’altérer le rendu final. Pour une photo en pleine définition de 10 à 12 MP, dépasser un rayon de 3 pixels est dangereux. En effet, selon le facteur de zoom d’affichage à l’écran, la perception de la netteté est fluctuante. Un tirage papier en grand format pourra montrer des contours blancs disgracieux autour des détails de la photo. Un affichage à 50% est un bon compromis pour juger de l’accentuation des détails.
Le passe-haut a pour avantage de souligner les variations de contraste marquées et de laisser les autres de côté. Dans le cas présent, c’est intéressant car on ne souhaite pas accentuer l’eau qui a fait l’objet d’un lissage lors de la prise de vue avec un temps d’exposition de 30 secondes.
On applique le filtre en cliquant sur OK.
Afin d’être tout à fait sûr que l’eau ne subit aucune accentuation et aussi pour protéger le ciel de ce traitement, on va créer un masque de fusion sur le calque accentué et ne laisser transparaître que le « solide ».
Lors de la création du masque, on a le choix entre « tout faire apparaître » (masque remplit de blanc) et « tout masquer » (masque remplit de noir).
Pour changer un peu, on va choisir de tout masquer. Le calque est comme invisible, le traitement d’accentuation est pour le moment inactif.
Afin de le révéler, on va utiliser le pinceau mais cette fois avec une couleur de premier-plan blanche. A noter que l’on peut obtenir le même résultat avec l’outil « gomme », pour peu que la couleur d’arrière-plan soit blanche.
Une fois les berges, les arbres et les bateaux « peints » en blanc, le masque de fusion doit ressembler à ça :
Et voilà !
On peut contrôler le résultat avant et après accentuation en désactivant et en réactivant le calque supérieur (en cliquant sur l’œil). Et si l’accentuation est trop poussée, on peut la diminuer en réduisant l’opacité du calque !








