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  • La technique des « longues focales » (1)

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La technique de prise de vues « longues focales »
Article de Les Zigurski
traduit de l’anglais par pfgbel avec l’accord de l’auteur

 

1. Technique longue focale et réglage de l’appareil :
2. Vitesse d’obturation, ouverture et Iso :
3. Usage de la stabilisation d’images :
4. Prises de vue à main levée :
4. Anticipation de l’action et usage du mode « rafale » :
5. Réglages de l’appareil photo :
6. Etablir la mise au point et la maintenir :
7. Exposition :
8. Le respect de la nature :
9. Mon équipement :

 

1. Technique longue focale et réglage de l’appareil :
Le présent article s’adresse aux photographes expérimentés et sérieusement concernés par la photo animalière.
Je suis fréquemment interpellé par des gens qui souhaitent que je partage quelques unes de mes techniques, réglages d’appareil photo, etc.
C’est ainsi que j’ai rédigé ce texte, expliquant comment je réalise mes prises de vues.
Je suis bien conscient que certaines techniques procurent de meilleurs résultats chez certains et qu’il existe beaucoup d’autres manières de réaliser des photos animalières, celles-ci sont celles qui m’apportent les résultats que j’attends.

Elles sont de plusieurs types :  Vitesse d’obturation, stabilisation d’image, prise de vue à main levée, déclenchement, réglage appareil, mise au point et exposition.

2. Vitesse d’obturation, ouverture et Iso :
Pour moi tout d’abord, la vitesse d’obturation est le point le plus important car non seulement elle permet de « geler » l’action mais aussi elle contribue à réduire les effets du « bougé » de l’appareil photo.
Si dans l’immobilier on dit que les trois piliers du métier sont la localisation, la localisation et la localisation, pour moi les trois piliers de la prise de vues avec une optique de longue focale sont la vitesse d’obturation, la vitesse d’obturation et encore la vitesse d’obturation !

Si je photographie un sujet immobile, j’essayerai de déclencher à une vitesse de 1/400, mais même avec un sujet relativement statique il est surprenant de voir à quel point un simple petit mouvement, par exemple celle de la tête d’un oiseau, peut conduire à une image d’une netteté loin d’être parfaite.
Donc, même pour les sujets statiques ma préférence va à des vitesses d’obturation plus élevées.
Pour un oiseau en vol ou un mammifère qui court, j’aime réellement une vitesse de minimum 1/1500 mais je préfère 1/2000 et si je puis atteindre le 1/3000 ou davantage alors je suis comblé !

Etant donné que les meilleures opportunités de prises de vues animalières se situent aussitôt après le lever du soleil ou peu avant son coucher, arriver à obtenir ces vitesses d’obturation avec cette lumière est souvent un exploit.

Habituellement je shoote en mode priorité à l’ouverture, ouverture maximale à la fois pour maximaliser la vitesse d’obturation et pour isoler le sujet.
Les seules circonstances dans lesquelles je réduis l’ouverture s’expliquent par mon souhait d’augmenter la profondeur de champ pour capter une image à sujets multiples ou d’utiliser un convertisseur (x2).
Généralement je commence mes prises de vues à Iso 800 au lever du soleil, mais après 45 minutes à peine je peux souvent ramener les valeurs à un Iso 400, sensibilité en dessous de laquelle je vais jamais.
Avec les réflexes numériques de générations actuelles, de telles sensibilités Iso ne constituent plus un problème.
Même à Iso 800, juste après le lever du soleil et juste avant son coucher je n’obtiendrai pas la vitesse d’obturation que je veux.  Bien souvent j’ai de la chance si je peux atteindre le 1/250 ou le 1/400.
C’est là où je juge l’image.

La stabilisation d’image est un must.
Si elle ne « gèle » pas le flou du mouvement, elle apportera néanmoins une aide efficace contre le « bougé » de l’appareil photo.
Comme la plupart de mes photographies sont faites à main libre et sous une lumière limite, cela explique que mes résultats soient les meilleurs avec mes objectifs à stabilisation par rapport à toute autre situation de prises de vues.

A propos des vitesses d’obturation, il est important d’ajouter que plus le sujet est rapproché plus la vitesse d’obturation doit être rapide pour « geler » l’action, compte tenu -toute proportion gardée- de la brièveté de passage du sujet dans le champ de vision.  C’est la raison pour laquelle avec de petits oiseaux, il est toujours très difficile de « geler » le mouvement des ailes, même si vous le voulez.
Comme la plupart des photos de petits oiseaux pris à très courte distance, il est nécessaire d’utiliser des vitesses d’obturation extrêmement rapides afin de « geler » leurs mouvements.

3. Usage de la stabilisation d’images :
Lorsque j’utilise le système de stabilisation d’image, je le garde actif en permanence, même si j’ai des vitesses d’obturation très rapides.  J’utilise toujours la stabilisation d’image mode 1 uniquement.
Lorsque rentré à la maison j’inspecte mes images et en conclus qu’elles n’atteignent pas le standard que j’aurais attendu je retourne vers mon appareil photo afin de vérifier que la fonction « stabilisateur » n’a pas été désactivée par accident ou si elle n’a pas basculé en mode 2.
Je trouve que lorsque je photographie des oiseaux en vol à 1/3000, le « bougé » de l’appareil peut encore avoir une petite influence négative sur la netteté (je ne suis peut-être pas aussi stable que d’autres qui affirment ne pas avoir besoin de la stabilisation.
Concernant les modes de stabilisation également, même avec des oiseaux en vol ou des mammifères occupés à courir j’obtiens de meilleurs résultats en mode de stabilisation 1.
C’est ma théorie est que le mouvement est rarement le fait d’un seul élément, c’est pourquoi le bénéfice est apporté à la fois par les stabilisations horizontale et verticale.

4. Prises de vue à main levée :
Pour moi à nouveau, quelle que soit l’action à photographier, la prise de vue se fait à main levée.
Si je sais que mon sujet restera en place dans une aire délimitée, comme si je photographiais un nid, l’usage du trépied reste clairement la meilleure solution, mais si l’action va se dérouler légèrement en dehors de l’angle j’ai besoin de faire les prises de vues à main levée à la fois pour capter l’action et pour obtenir le meilleur résultat.

Si je travaille avec un trépied, le point de rotation se trouve à environ 60 centimètres de moi.  D’abord la capture du sujet initial est moins naturelle, mais tout en maintenant mon attention que requiert la prise de vues en soi, je penche le corps vers l’avant comme pour entourer le trépied.  Bouger moi-même autour de ce trépied nécessite beaucoup plus de mouvement, et habituellement je ne n’arrive pas à travailler bien longtemps de cette manière.
Par contre si je photographie à main levée, je suis l’axe de rotation .  Je gagne de cette manière le contact initial avec le sujet, et le moindre « suivi » de celui-ci ne nécessite qu’un petit mouvement naturel de la tête et des yeux, l’attente ne demandant qu’une légère et douce rotation des hanches et des épaules.
Le mouvement est plus souple et plus réduit que ce que j’obtiendrais avec un trépied, et donc mes photos sont plus nettes.

Toutefois, photographier à main levée ne signifie pas photographier sans support, quel qu’il soit.
Chaque fois que cela est possible j’essaye de trouver quelque chose qui m’aidera à rester stable ainsi que l’appareil photo.  Souvent j’utilise un véhicule, une souche d’arbre ou quoi que ce soit d’autre pour y reposer le coude.  Si rien n’est disponible, je pose le genoux droit au sol et repose le coude gauche sur mon genoux gauche, reproduisant ainsi un peu un trépied humain.
Souvent, principalement en utilisant mon objectif 500/4 monté sur un convertisseur 1.4x je ne vais pas essayer de maintenir l’objectif pendant de longues périodes.  Habituellement l’appareil est à mes côtés.  Je m’efforce à anticiper l’action, et lorsque celle-ci se présente je ne garde que rarement l’appareil devant l’œil plus de quelques secondes à la fois, ce qui rend le maintien d’une longue focale à main levée possible.

5. Anticipation de l’action et usage du mode « rafale » :
Pour ce qui concerne l’anticipation de l’action, je tente de profiter de l’avantage du nombre de « rafales » qu’offre l’appareil, mais il est rare que j’en fasse plus de 3 ou 4 de cette manière.  Je suis surpris du nombre de différences subtiles qui peuvent exister dans un scène prise en séquence avec juste 1/8 de seconde entre chaque.
Souvent dans une séquence de 3 ou 4 prises de vues il y aura quelques très belles images entourant une qui sera particulièrement spéciale.  Cette image spéciale pourrait être la pose parfaite avec l’œil du sujet regardant dans la bonne direction, etc…
C’est l’avantage de pouvoir photographier de la sorte en séquences courtes.

6. Réglages de l’appareil photo :
A ce sujet, virtuellement je peux dire que toutes mes photographies animalières sont prises en mode servo.  Même si je suis occupé à photographier un sujet statique, je veux être prêt si/dès que le sujet se met en mouvement.
J’utilise la mise au point (collimateur) 4/2 qui m’autorise toutefois, si je le souhaite de stopper momentanément l’action servo en utilisant le bouton « * ».
Ma méthode de prise de vues est ensuite de faire la mise au point sur le point central de mise au point choisi manuellement.  Je fais plus confiance à ma capacité à maintenir une mise au point sur le sujet qu’à la capacité de l’appareil à deviner sur quoi il doit faire la mise au point.
Si j’utilise le 1DII, je choisirai souvent la mise au point (collimateur) 17/2 qui laissera de côté tout élément adjacent au sujet au cas où je perdrais le contact avec lui.
Bien sûr, si l’arrière-plan est un peu compliqué je désactiverais la mise au point (collimateur) 17 car l’appareil pourrait confondre et décrocher sa mise au point et la reporter sur un élément adjacent qu’il ne devrait pas.

7. Etablir la mise au point et la maintenir :
Il est particulièrement important -même si je manque la première image d’une « rafale »- de ralentir et de s’assurer que la mise au point est bien verrouillée sur le point central, sans quoi je vais terminer en obtenant plusieurs images floues.
De même, lors d’un « suivi », si je pense que je pourrais avoir perdu le contact je relâche et refais la mise au point que je bloque à nouveau avant de poursuivre mes prises de vues.
Naturellement je peux manquer une image à cause de la re-mise au point mais cela est quand même mieux que d’avoir les trois suivantes floues.

8. Exposition :
Pour ma part j’utilise le mode auto Iso.
Avec mes deux boîtiers j’utilise le mode mesure spot.
Je m’efforce à exposer correctement pour les blancs jusqu’à un stade où aller plus loin les rendrait vides (brûlés).
En fonction de la lumière avec des sujets blancs par une journée ensoleillée, il se peut que je doive compenser l’exposition en la diminuant de 1/3 à 2/3 de cran.
Toutes mes prises de vues sont réalisées en format raw.  Avant de convertir il peut arriver que j’aie à intervenir légèrement sur l’exposition afin d’obtenir des hautes lumières parfaites.  Si je dois ajuster l’exposition au-delà de 1/3 de cran, c’est que je n’ai pas bien fait mon travail sur le terrain.
Après conversion, avec PhotoShop, j’utilise l’ajustement « ombres/hautes lumières » avec peu d’ombre pour ramener du détail dans celles-ci.
Ensuite j’applique un léger ajustement du cavalier droit à l’inverse des hautes lumières, et de cette manière je peux habituellement restaurer mes ombres sans affecter les hautes lumières.

9. Le respect de la nature :
Ce paragraphe n’a rien à voir avec la prise de vues photographiques, néanmoins il concerne quelque chose qui est en rapport avec le « comment » nous allons prendre des photos animalières en pleine nature.
Je pense que cela représente pour moi une part importante pour obtenir des opportunités, à savoir « essayer de connaître son sujet » !
Je sais où ils se trouvent fort probablement, je connais les moments où ils sont supposés être actifs, etc.
Et tout particulièrement, je sais jusqu’où se situe leur zone/espace de confort avec l’être humain, je ne pénètre pas dans leur zone/espace de confort.
Je vois trop souvent des gens dont la stratégie semble n’être que de s’approcher et de s’approcher encore jusqu’à effrayer l’oiseau ou l’animal qui s’enfuit.
Franchement cela n’est profitable ni au photographe ni à l’animal.
Si des animaux ont des expériences négatives à des endroits bien précis, ils n’y reviendront plus…

Tenter d’approcher des nids d’oiseaux peut conduire ceux-ci à les délaisser.  Même s’ils reviennent plus tard, les éloigner de la sorte de leur nid à des moments critiques peut conduire à la perte de leurs œufs et de leur nichée.
Des oiseaux comme les aigles par exemple, en hiver, se doivent d’économiser leur énergie, ils en ont besoin pour capturer des poissons et ainsi survivre.  Dans les journées particulièrement froides ces oiseaux n’ont pas d’énergie à gaspiller en vols inutiles causés par des gens qui les dérangent.  Approcher trop signifie la mise en danger des sujets eux-mêmes sans nous rapporter grand-chose.
Au mieux cela peut nous apporter une image d’oiseau ou animal vu de dos, car si nous les faisons fuir jamais ils ne reviendront vers nous !

Donc ceci est une situation où ce qui est bon pour l’espèce est bonne également pour le photographe.
A nouveau je vous assure que je m’efforce à respecter leur « zone/espace de confort », et en agissant de la sorte ils demeurent là où ils sont.  Ils se comportent comme ils le feraient de manière normale, et j’obtiens ainsi d’excellentes opportunités de prises de vues que jamais je n’aurais eues si je m’étais approché, créant chez eux ce stress.

10. Mon équipement :
Paragraphe non traduit car propre à l’équipement détenu et utilisé par l’auteur, l’article traduit ici ne vise pas à comparer du matériel ou à initier une comparaison, il vise uniquement à reproduire en langue française les trucs et astuces qu’il a mis en œuvre pour atteindre sa technique de prise de vues avec des objectifs de longue focale.

 

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© Pixelistes - Article de Les Zigurski
traduit de l’anglais par pfgbel avec l’accord de l’auteur

Cette page a été mise à jour le Lun Juil 19, 2010 5:40 pm